Encore un appel

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Encore un appel

« Je suis désolée de te déranger, mais je trouve la tension de Mr élevée. »
Je dois interrompre ce que je fais, me mettre dans un coin et ouvrir la tablette pour retrouver ce patient.
Et là, je réalise : « Ah merde ! Je ne le connais pas. »
Prendre une décision médicale sur des valeurs vitales sans connaître la personne… c’est toujours un moment intense.

Je consulte rapidement ses antécédents et effectivement, il a déjà eu des épisodes de tension trop élevée.
Pendant ce temps, ma collègue mesure la tension sur l’autre bras.
Elle s’inquiète immédiatement, évoque la possibilité d’appeler l’ambulance et se demande combien de temps cela pourrait prendre.
Chaque minute compte, et moi, je dois garder la tête froide pour analyser la situation.

Je vérifie les tensions du mois dernier : toutes dans les normes.
Alors je demande : « Y a-t-il un événement récent ou un stress particulier dans sa vie ? »
Ma collègue trouve l’idée pertinente et en discute avec Mr.
J’attends, pensant qu’il doit forcément y avoir une raison derrière ce pic de tension.

Sinon, un problème réel un dimanche soir… ça devient compliqué.
Médecin de garde difficile à joindre, urgences saturées… on sait déjà que cela peut être long et stressant.
Et puis, ce patient habite en altitude, au milieu des montagnes.
Le temps que quelqu’un arrive ici n’est jamais instantané, il faut en tenir compte.

Ma collègue me dit qu’il n’y a pas eu de changement récent dans sa vie.
Alors je lui demande de vérifier le pilulier du patient, ce qui est une habitude dans ces situations.
Je compte cinq comprimés prévus le matin.
Et là, surprise : elle n’en trouve que quatre.

On passe en revue chaque médicament, un par un.
Effectivement, l’antihypertenseur n’est pas pris ce matin.
Voilà le problème : ce n’est pas la tension qui a changé, c’est le traitement.
Je transmets immédiatement à ma collègue ce qu’il faut faire pour rectifier la situation.
J’adore ces moments dans ce métier : chercher les indices, rassembler les pièces du puzzle, comprendre l’histoire complète.Ces enquêtes me donnent l’impression d’être une détective, et je prends beaucoup de plaisir à résoudre ces mystères.
En revanche, je déteste repartir bredouille, sans solution.
Mais quand tout s’éclaire, quand le puzzle se complète et que le patient est en sécurité, la satisfaction est immense.
C’est dans ces instants précis que je comprends pourquoi j’aime ce métier, malgré les moments de tension et de stress.


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