Ce que je déteste le plus dans ce métier

A man laying in bed with a clock on top of him

Ce que je déteste le plus dans ce métier

J’ai choisi ce métier. Mais pas les horaires. Contrairement à ce que beaucoup pensent, le plus dur pour moi n’est pas de passer de nuit à jour, ou de jour à nuit. C’est vrai que les horaires sont irréguliers, impossible d’avoir une routine. Cependant, le plus dur, c’est le réveil du matin. Prise de poste à 7h.

À cette heure-là, tu es déjà habillée, prête, tu as mangé… parce que tu sais que tu pourrais ne plus avoir le temps avant longtemps, parfois pas avant midi. Je parle même de ne pas avoir de pause de 7h à 12h ou 13h. Si on calcule, ça signifie 5 à 6h de travail non-stop, sans boire, sans aller au WC, sans manger ou même sans un autre café. Tu es debout, en mouvement constant : chambre, bureau, chambre, encore une chambre.


C’est physique, mais surtout mental. La concentration ne s’arrête jamais. Les premiers mois de travail, j’avais mal à la tête tellement ta concentration est à son maximal. À 7h pile, il y a les transmissions. Tu as déjà suivi des transmissions ? Imagine une vidéo ou un épisode de série lancé en x2, avec un café, parfois deux, déjà dans le sang. Chaque phrase est une information précieuse sur des patients que tu ne connais pas encore. Tu notes, tu essaies de suivre, de comprendre, de mémoriser, avec tout le vocabulaire médical qui s’enchaîne sans pause.

Ca dépend de ton service, pour donner une idée tu peux avoir entre 6 à 12 patients, donc 12 personnes à connaître sur le bout des doigts en 15 minutes. Presque une minute par personne. Imagine te résumer en une minute; tes allergies, tes problèmes, ta situation, tes besoins, ton caractère, etc. Ensuite, tu as à peine une minute pour visualiser ta matinée. Organiser tous les soins. Anticiper. Te coordonner avec ton équipe. Tout ça alors que les patients ne sont encore que des noms, des chambres, des diagnostics. Et puis, bien sûr, tout peut changer. Un imprévu, un examen déplacé, une urgence.


Il faut réadapter le programme, rapidement, sans perdre le fil. Et enfin… la cerise sur le gâteau. Réveiller les patients. Les sortir du sommeil, parfois du seul moment de répit qu’ils ont. Les faire entrer dans une journée qu’ils n’ont pas choisie, dans un corps qui fait mal, dans une routine médicale imposée. C’est la partie que je déteste. Vraiment.

J’ai parfois l’impression d’être une cloche qui sonne trop tôt dans une ferme encore endormie, forçant tout le monde à se lever alors que personne n’en a la force.On le fait, parce que c’est le travail. Etre soignant peut amener à un réveil brutal envers un humain qui n’a rien demandé.


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *