Une rare après-midi calme
Cela arrive très rarement, presque de façon exceptionnelle, surtout un dimanche.
À l’hôpital, il y a moins de monde. Moins de médecins, moins de techniciens, moins d’examens possibles aussi. Le week-end, on se concentre essentiellement sur les urgences. Alors, quand aucune urgence ne surgit, le service ralentit enfin. Pas parce qu’il le décide, mais parce que les contraintes l’y obligent.
L’après-midi, les patients reçoivent souvent de la visite. Les proches sont là, les chambres se remplissent de voix familières. Les demandes diminuent, les sonnettes restent silencieuses. Le temps semble suspendu, comme si l’hôpital respirait un peu.
Ces moments-là créent des bulles hors du rythme habituel. Des parenthèses précieuses.
Elles me permettent de prendre plus de temps, d’être vraiment présente auprès des personnes seules, de celles qui ont mille questions ou simplement besoin d’une présence humaine.Je peux m’asseoir quelques minutes. Écouter sans regarder l’heure. Tirer doucement les rideaux. Leur montrer le ciel, la lumière, le passage des nuages.
Des gestes simples, presque invisibles, mais qui, parfois, soignent autant que les médicaments.

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