Quand l’ambiance d’équipe devient pesante

group of man gathering inside room

Quand l’ambiance d’équipe devient pesante

Cette fois, j’ai envie de parler d’un sujet différent.
Je parle souvent des patients, des situations cliniques, des émotions liées aux soins, mais beaucoup plus rarement de ce que l’on peut vivre entre collègues. Pourtant, cette réalité existe, et parfois elle peut être tout aussi difficile que certaines situations de soins.

Je suis quelqu’un qui se concentre énormément sur son travail. Quand je suis dans le service, mon attention est tournée vers les patients, les soins, l’organisation, ou encore les étudiants quand il y en a. Ce n’est pas une volonté de me mettre à l’écart, mais simplement ma manière de fonctionner. J’ai besoin de me sentir utile, de me sentir investie, et naturellement je vais utiliser les moments plus calmes pour avancer, prendre le temps d’expliquer, ou être davantage présente auprès des patients.

Je ne ressens pas forcément le besoin de mettre de la musique dans le bureau, de discuter longuement ou de participer à toutes les conversations informelles. Certains collègues aiment ces moments pour décompresser, pour relâcher la pression, pour créer du lien. Et je le comprends. Mais de mon côté, je préfère souvent profiter de ce temps pour organiser mes soins ou accompagner quelqu’un qui en a besoin.

Au début, cette différence semble anodine.
Puis progressivement, quelque chose change.

Je remarque que l’entraide devient moins spontanée.
Certaines informations me parviennent plus tardivement.
On oublie parfois de me transmettre des éléments importants.
Des blagues apparaissent, mais elles compliquent mon travail plus qu’elles ne me font sourire.

Petit à petit, je ressens une mise à distance.
Les collègues s’aident entre eux, mais moins avec moi.
Je me retrouve parfois seule dans certaines situations où auparavant l’entraide aurait été naturelle.

Au début, je me dis que je me fais des idées.
Puis les situations se répètent.
Et le doute laisse place à un malaise plus réel.

On me donne parfois des informations incomplètes.
On me laisse gérer seule des situations alors que d’autres s’organisent à plusieurs.
Certaines remarques deviennent plus piquantes, parfois sous forme d’humour.

Je ne sais pas vraiment comment appeler cela.
Est-ce une mise à l’écart ?
Du bizutage ?
Du mobbing ?

Les mots importent peu finalement. Ce qui reste, c’est le ressenti.
Celui de ne plus faire partie du groupe.
Celui de déranger simplement en étant différente.
Celui de devoir constamment prouver sa place.

Ce qui me touche le plus, ce n’est pas tant la distance, mais l’incompréhension. Je ne critique personne, je ne cherche pas à changer les autres, je fonctionne simplement autrement. Et je me demande pourquoi cette différence devient un problème.

Dans un métier déjà difficile, avec un sous-effectif fréquent, une charge mentale importante et une pression constante, je me demande pourquoi on ajoute parfois de la difficulté entre nous. Pourquoi l’énergie ne peut pas simplement être tournée vers l’entraide, même quand les personnalités sont différentes.

Je pense souvent aux nouveaux collègues qui arrivent dans une équipe. À ceux qui n’osent pas parler. À ceux qui ne comprennent pas ce qui se passe mais qui ressentent le poids de l’ambiance. Parce que ce type de situation ne fait pas de bruit, mais il fatigue profondément.

On parle beaucoup de la difficulté du métier infirmier.
On parle moins de la difficulté d’évoluer dans certaines équipes.
Et pourtant, parfois, c’est cela qui pèse le plus lourd.


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